Jean-Louis Borloo : portrait de sa fortune et de ses trois vies

Homme en smoking écrivant dans un bureau somptueux avec des chandelles

Jean-Louis Borloo incarne une trajectoire politique française hors du commun. Cet homme de 74 ans a traversé trois vies bien distinctes : celle d’avocat d’affaires fortuné conseillant les plus grandes entreprises, celle de maire transformateur de Valenciennes pendant treize ans, et celle de ministre influent au service de la cohésion sociale puis de l’écologie. Son patrimoine immobilier témoigne de sa réussite professionnelle initiale, avec notamment une résidence dans le très chic XVIe arrondissement parisien. Marié depuis 2005 à Béatrice Schönberg, ancienne star du petit écran, il a construit une vie privée solide loin des projecteurs. Sa popularité auprès des Français et son style décalé ont marqué la vie politique hexagonale. Je vous propose d’visiter ces différentes facettes d’un parcours atypique, de sa fortune constituée au barreau jusqu’à ses grandes réformes gouvernementales.

Du barreau aux grandes fortunes : la première vie d’avocat d’affaires

Le parcours académique de Jean-Louis Borloo reflète une curiosité intellectuelle débordante. Avant de devenir avocat, il s’est plongé dans la philosophie, l’histoire et les sciences économiques. Cette formation éclectique lui a offert une vision globale des enjeux économiques et sociaux.

Au milieu des années 1980, il s’est spécialisé dans un domaine très lucratif : le conseil aux investisseurs souhaitant reprendre des entreprises en difficulté. Les fusions-acquisitions sont devenues son terrain de jeu privilégié. Sa réputation a franchi les frontières nationales lorsque le magazine Fortune l’a classé parmi les cinq avocats les mieux payés au monde.

Sa collaboration avec Bernard Tapie a duré de longues années. Il était son compère et conseil privilégié dans ses multiples affaires. Cette fortune considérable lui a offert une liberté politique rare : celle de se consacrer pleinement à ses mandats sans dépendre financièrement de ses indemnités d’élu.

Un patrimoine immobilier à la mesure de sa réussite professionnelle

La résidence principale du couple Borloo-Schönberg se situe dans le hameau Boileau, au cœur du XVIe arrondissement parisien. Cette enclave privée et sécurisée d’Auteuil a été acquise pour 3,9 millions d’euros selon les statuts de leur société civile immobilière. La maison se trouve à quelques centaines de mètres du bois de Boulogne et de la Seine.

Les statuts de la SCI de Béatrice Schönberg, réactualisés en 2021, confirment que le couple y réside toujours. Ce quartier parisien incarne le raffinement et la tranquillité recherchés par les personnalités de premier plan.

Au-delà de Paris, le couple possède deux autres résidences de prestige : une villa à Saint-Tropez et une autre à Marrakech. Ce patrimoine immobilier témoigne des revenus exceptionnels générés durant sa carrière d’avocat. Paradoxalement, cette aisance financière contraste avec son engagement pour les quartiers défavorisés. Cette situation lui a permis de comprendre différentes réalités sociales sans jamais perdre de vue les difficultés des plus démunis.

Valenciennes, le laboratoire social d’un maire bâtisseur

L’aventure valenciennoise débute en 1989 lorsque Jean-Louis Borloo est élu maire de Valenciennes au second tour avec 76% des suffrages. Cette cité ouvrière du Nord était alors sinistrée, avec un taux de chômage catastrophique de 25%. La reconversion industrielle semblait impossible aux yeux de nombreux observateurs.

Treize années durant, de 1989 à 2002, il a transformé cette ville. Le chômage est tombé à 13%, grâce notamment à l’installation de Toyota dans une usine à Onnaing. Le centre-ville a connu une rénovation complète et un tramway moderne a été construit pour faciliter les déplacements.

Ses méthodes étaient pour le moins directes. Il harcelait les ministères parisiens, les instances européennes à Bruxelles et les chefs d’entreprise. Ses colères publiques contre les petits marquis et technocrates sont restées célèbres. Son engagement a également touché le sport local : président de l’US Valenciennes de 1986 à 1991, il a injecté jusqu’à 3 millions d’euros dans le club de football. Valenciennes est devenu son véritable terrain d’expérimentation pour la rénovation urbaine et la cohésion sociale, concepts qu’il déploiera ensuite à l’échelle nationale lors de son passage au gouvernement.

Une carrière ministérielle au service de la cohésion sociale et de l’écologie

Son parcours politique national démarre comme député européen sur la liste de Simone Veil. Il devient ensuite conseiller régional et député du Nord. En 1991, il fonde Génération écologie avec Brice Lalonde, affichant déjà ses préoccupations environnementales.

Après un passage à l’UDF en 2001, il rejoint l’UMP en 2002 via le Parti radical, malgré l’opposition de François Bayrou. Claude Chirac, fille du président, le recommande à son père comme un homme imaginatif issu de la société civile. Il devient ministre délégué à la Ville sous Jean-Pierre Raffarin, puis ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale.

Son action gouvernementale se concentre sur la rénovation urbaine. Il obtient 20 milliards d’euros pour transformer 200 quartiers en difficulté. Sous Dominique de Villepin, il garde un portefeuille élargi incluant le logement. Après s’être rallié à Nicolas Sarkozy, il hérite du ministère de l’Économie puis, après un mois seulement à Bercy, du vaste portefeuille de l’Écologie. Numéro deux du gouvernement, il négocie le Grenelle de l’Environnement avec les collectivités et la société civile. En 2010, malgré les propositions de grands ministères, il préfère retrouver sa liberté.

Béatrice Schönberg, pilier d’une vie privée discrète mais solide

Marié depuis 2005 à Béatrice Schönberg, Jean-Louis Borloo a célébré vingt ans d’union en 2024. Son épouse, Parisienne pur jus, était aux commandes du 20 Heures de France 2 de 1997 à 2007. Devenue réalisatrice et productrice de documentaires, elle a également été mannequin pour Cacharel dans sa jeunesse.

Leur union a surpris car ils semblaient mal assortis. Elle était loin des attaches provinciales de son mari. Dans son livre Libre et engagé paru en 2011, il confie : « Il m’a toujours manqué cette incroyable confiance en soi qui fait avancer envers et contre tout. » Cette confiance, c’est Béatrice qui la lui apporte au quotidien. Elle était notamment à son chevet lors de sa pneumonie en 2014.

Un proche a révélé que Jean-Louis sait exactement ce qu’il doit à Béatrice. Discret sur sa vie privée, il a fait condamner un journal pour atteinte à celle-ci, refusant pourtant les dommages et intérêts du jugement.

Hugo