Valeur liquidative et frais courants

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Une action cote en continu pendant toute la séance. Une part de fonds non coté ne fonctionne pas ainsi : son prix est établi une fois par période, à partir de la valeur des actifs détenus.

Cette différence a une conséquence que beaucoup découvrent après coup. Lorsqu’un ordre est transmis, le prix auquel il sera exécuté n’est pas encore connu, et il ne le sera qu’après la clôture des marchés concernés.

Deux termes techniques déterminent ce mécanisme, et tous deux figurent dans la documentation réglementaire des fonds.

Deux termes qui déterminent le prix obtenu

Un guide des termes financiers recense généralement la valeur liquidative sans détailler la manière dont elle s’applique à un ordre donné.

Or, le prix effectivement obtenu dépend de l’articulation entre deux éléments :

  • La valeur liquidative, c’est-à-dire l’actif net du fonds divisé par le nombre de parts en circulation ;
  • L’heure limite de centralisation, au-delà de laquelle un ordre bascule sur la période suivante.

Le second détermine quelle valeur liquidative sera retenue. Il figure dans le prospectus et varie d’un fonds à l’autre.

Le cadre applicable au calcul

La réglementation encadre la fréquence d’établissement de ce prix sans l’uniformiser.

Une position publiée par le régulateur rappelle les termes du règlement général, selon lesquels la valeur liquidative est établie et publiée selon une périodicité adaptée à la nature des instruments financiers, contrats, valeurs et dépôts détenus par le fonds.

Le même document définit la date de centralisation comme la date limite à laquelle l’ordre de souscription ou de rachat de parts est enregistré par le centralisateur du fonds, cette date étant fixée dans le prospectus.

Deux enseignements en découlent. La périodicité dépend des actifs détenus, ce qui explique qu’elle soit quotidienne pour certains fonds et plus espacée pour d’autres. Et l’heure limite est un paramètre propre à chaque fonds, non une norme générale.

Le principe du cours inconnu

C’est la conséquence pratique la plus importante et la moins intuitive.

Une explication détaillée du mécanisme indique que les fonds retiennent généralement comme valeur liquidative de référence la prochaine valeur liquidative calculée sur le cours de clôture du jour de la centralisation des ordres, à condition de respecter l’heure limite figurant au prospectus, et que l’on parle de cours inconnu parce que l’investisseur ne connaît pas à l’avance le prix auquel il achète ou vend ses parts.

La même source illustre l’effet d’un dépassement de l’heure limite : un ordre transmis après ce moment n’est pris en compte qu’à la prochaine date de calcul, ce qui peut allonger sensiblement le délai entre la décision et son exécution.

Elle en tire une recommandation qui vaut d’être reprise : lire la documentation réglementaire du fonds pour connaître ces modalités, afin de ne pas être surpris par des dates de valeur éloignées de celles que l’on imaginait.

Ce que cela change en pratique

Plusieurs situations courantes s’en trouvent affectées :

Le quatrième point est le plus délicat. Une opération de sortie et une opération d’entrée n’étant pas nécessairement exécutées sur la même date de valeur, le capital peut rester temporairement hors du marché.

Les frais courants et leur effet

Un second mécanisme se loge dans le même calcul et reste tout aussi invisible.

L’actif net utilisé pour déterminer la valeur liquidative est établi après déduction des frais de gestion du fonds. Ces frais ne sont donc jamais prélevés sur le compte de l’investisseur ni portés sur un relevé : ils sont retranchés en amont, à l’intérieur du fonds.

La performance publiée est en conséquence déjà nette de ces frais, ce qui a deux implications. Comparer deux fonds sur leur performance revient à comparer des résultats après des niveaux de frais qui peuvent différer. Et l’écart de frais entre deux fonds équivalents ne se lit pas dans le prix mais dans la documentation.

C’est précisément pour cela que le document d’informations clés isole cette donnée et l’exprime en pourcentage annuel.

Ce qu’il faut vérifier

Les informations nécessaires figurent dans le prospectus et le document d’informations clés :

  • La périodicité d’établissement de la valeur liquidative ;
  • L’heure limite de centralisation applicable au fonds ;
  • Le délai entre la centralisation et l’exécution effective ;
  • Le niveau des frais courants exprimé en pourcentage annuel ;
  • L’existence éventuelle de frais d’entrée ou de sortie distincts.

Le deuxième point mérite d’être noté une fois pour toutes pour les fonds détenus régulièrement, car il détermine à quelle date de valeur un ordre sera rattaché et ne varie pas d’une opération à l’autre.

Romain Loiseau