Fortune et patrimoine d’Emmanuel Macron : ce qu’il faut savoir

Homme en costume sombre regardant avec détermination vers la caméra

La fortune d’Emmanuel Macron suscite régulièrement des interrogations depuis son passage de banquier d’affaires chez Rothschild à la vie politique. Entre ses années lucratives dans la finance et sa déclaration de patrimoine auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, plusieurs zones d’ombre persistent. Je vous propose d’examiner ce que révèlent réellement ses déclarations officielles, ses revenus passés et les controverses qui entourent son parcours financier. Du ministre de l’Économie au président de la République, l’évolution de ses finances personnelles mérite un décryptage approfondi.

Le salaire présidentiel et les revenus actuels d’Emmanuel Macron

Lors d’un déplacement dans une école de Marseille en septembre 2021, Emmanuel Macron a dévoilé sa rémunération : environ 13 500 euros mensuels avant prélèvement à la source, soit 8 500 euros nets. Ce salaire est fixé par décret depuis François Hollande et indexé sur la rémunération des fonctionnaires, garantissant une certaine stabilité.

Cette rétribution représente une chute vertigineuse comparée à ses revenus de banquier d’affaires. Le président a lui-même affirmé avoir divisé par 15 ses gains en intégrant Bercy. Il expliquait qu’en tant que banquier indépendant, les cotisations sociales patronales et salariales absorbaient une part considérable de ses honoraires avant même le paiement des impôts sur ses revenus présidentiels.

Aujourd’hui, le chef de l’État réside au château du 55 Faubourg Saint-Honoré et ne possède aucun bien immobilier personnel. Cette situation contraste avec Brigitte Macron, son épouse, qui demeure propriétaire de la maison du Touquet.

L’évolution du patrimoine déclaré depuis 2014

La déclaration de 2014 comme ministre de l’Économie

Lorsqu’il fut nommé à Bercy en 2014, Emmanuel Macron déclara un patrimoine de seulement 156 000 euros. Ce montant le plaçait parmi les moins fortunés des futurs candidats à l’élection présidentielle de 2017. Son patrimoine financier atteignait alors 200 000 euros.

Pour mettre les choses en perspective, Nathalie Arthaud et Benoît Hamon affichaient des fortunes supérieures. Seul Philippe Poutou, avec ses 31 000 euros déclarés, se situait en dessous du futur président. Cette relative modestie patrimoniale surprenait compte tenu de son parcours chez Rothschild & Co.

Les déclarations de 2017 et 2022

En 2017, lors de sa campagne présidentielle, le patrimoine net d’Emmanuel Macron s’élevait à 308 000 euros. D’un autre côté, il devait encore 246 000 euros au Crédit Mutuel et 53 000 euros d’indemnité de rupture à la fonction publique. Ces dettes pesaient sur sa situation financière globale.

La déclaration de 2022 révèle une nette amélioration avec un patrimoine d’environ 550 000 euros. Cette somme se compose de 470 000 euros répartis sur différents comptes bancaires, 91 000 euros d’actifs financiers et un contrat d’assurance-vie de 113 000 euros. Il restait néanmoins 123 000 euros à rembourser pour un prêt destiné à des travaux.

Les millions gagnés chez Rothschild entre 2008 et 2012

Les revenus de banquier d’affaires

Entre 2008 et 2012, Emmanuel Macron a exercé comme banquier d’affaires chez Rothschild & Co, gravissant les échelons jusqu’au statut d’associé gérant. Durant cette période, il a perçu plus de 3 millions d’euros avec des revenus annuels moyens de 400 000 euros. Plus spécifiquement, entre 2011 et 2012, il a empoché 2,4 millions d’euros.

Au total, de 2009 à 2014, il déclara avoir gagné légèrement plus de trois millions d’euros. Sur cette somme, il versa 1,4 million d’euros au fisc, laissant 1,9 million disponible. Ces chiffres illustrent l’ampleur de ses gains dans la banque avant son entrée en politique.

Le deal Pfizer-Nestlé de 9 milliards d’euros

L’opération la plus lucrative du parcours bancaire d’Emmanuel Macron reste le rachat de la division nutrition infantile de Pfizer par Nestlé en 2012. Ce deal colossal de 9 milliards d’euros lui aurait rapporté 2,8 millions d’euros avant impôts selon plusieurs sources.

Pourtant, dans sa déclaration de 2014, il n’affichait que 720 000 euros de bénéfices industriels et commerciaux pour 2012. Cette différence notable alimente les questionnements. Son rôle fut déterminant : il avait amené le client Nestlé après avoir sympathisé avec Peter Brabeck lors de la commission Attali en 2007, jouant un rôle clé pour convaincre Nestlé d’enchérir 500 millions de plus que Danone.

Graphique de progression avec barres jaunes et main d'investisseur

Le patrimoine immobilier du couple Macron

En 2007, le couple acheta un appartement parisien de 83m² pour 890 000 euros. Emmanuel Macron le revendit en 2015 pour 980 000 euros, réalisant une plus-value modeste. Malgré cette vente, il devait encore 246 000 euros en 2017, témoignant d’un désendettement incomplet.

Brigitte Macron possède en propre la maison du Touquet, évaluée à 1 453 000 euros en 2015. Cette propriété a fait l’objet d’importants travaux d’un montant de 300 000 à 500 000 euros selon les sources. Pour les financer, Emmanuel Macron contracta un emprunt de 350 000 euros au Crédit Mutuel en novembre 2011. S’ajoutent 100 000 euros de travaux réalisés dans leur appartement parisien.

Actuellement, le président réélu ne détient aucun bien immobilier personnel, vivant à l’Élysée durant son mandat.

Les controverses sur l’impôt sur la fortune et la sous-évaluation immobilière

L’absence de paiement de l’ISF entre 2008 et 2014

Entre 2008 et 2014, le couple Macron ne s’acquitta jamais de l’impôt sur la fortune. Pourtant, ils possédaient un appartement parisien et la maison du Touquet, biens dont la valeur cumulée aurait dû les assujettir.

En 2015, l’administration fiscale estima que la propriété de la Première dame au Touquet avait été sous-évaluée de 253 000 euros. Cette réévaluation déclencha un redressement fiscal pour les années antérieures.

Les redressements fiscaux

Le redressement s’éleva à 4 174 euros pour 2013 et 2 264 euros pour 2014, totalisant moins de 10 000 euros pour trois années d’ISF impayé. En 2016, alors qu’il occupait Bercy comme ministre, Emmanuel Macron se retrouva assujetti à l’ISF suite à cette rectification.

Une fois élu président, il supprima l’ISF pour le remplacer par l’impôt sur la fortune immobilière. Cette mesure controversée contribua, selon de nombreux observateurs, au déclenchement de la crise sociale des Gilets jaunes en novembre 2018, alimentant les accusations de président des ultra-riches.

Les zones d’ombre et questions non résolues

La disparition des millions de Rothschild

Sur les 1,9 million d’euros restants après impôts, Emmanuel Macron expliqua avoir consacré 700 000 euros à sa vie courante pendant six ans. Cela représente près d’un SMIC quotidien entre 2009 et 2012, montant qui interroge. Le reste se répartit ainsi : 500 000 euros de remboursements d’emprunts, 300 000 euros pour la maison du Touquet, 100 000 euros pour Paris et 270 000 euros d’épargne.

Le président justifia cette évaporation en évoquant les lourdes cotisations sociales patronales et salariales grevant ses revenus d’indépendant. Selon lui, ces charges avaient tellement augmenté qu’il peinait à payer ses impôts.

Les interrogations sur le deal Pfizer-Nestlé et les trusts

Plusieurs experts jugent improbable qu’Emmanuel Macron n’ait perçu que quelques centaines de milliers d’euros sur un deal de 9 milliards. Le site américain Marge and Acquisition Source révèle que les banques perçoivent entre 0,5% et 1,5% sur les opérations dépassant 500 millions. Appliqué au deal Pfizer-Nestlé, cela donnerait 45 à 135 millions pour Rothschild.

Une personnalité proche de la banque suggéra anonymement que les honoraires auraient pu être versés dans des trusts à l’étranger. Maître Jean-Philippe Delsol saisit la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique au printemps 2017, suivi par l’association Anticor. Les deux saisines furent rejetées sans investigation approfondie.

Durant sept mois d’enquête pour un documentaire, ni la présidence ni Rothschild ne répondirent aux questions. La loi prévoit pourtant trois ans d’emprisonnement, 45 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité en cas de déclaration mensongère.

Hugo