Combien gagne Didier Deschamps par mois ?

Homme en costume dans bureau avec trophées et vue sur stade

Didier Deschamps perçoit l’une des rémunérations les plus élevées du football mondial. Sélectionneur de l’équipe de France depuis 2012, il a traversé des cycles de contrats successifs qui ont chacun réévalué son traitement à la hausse. Sa rémunération mensuelle estimée tourne autour de 325 000 euros bruts, selon les informations relayées par L’Équipe et confirmées par plusieurs sources proches de la Fédération Française de Football (FFF). C’est un niveau de salaire qui place « DD » parmi les sélectionneurs les mieux payés de la planète.

Le salaire mensuel de Didier Deschamps : les chiffres réels

Le contrat de Didier Deschamps avec la FFF lui assure une rémunération annuelle brute d’environ 3,9 millions d’euros. Ramenée au mois, cela représente donc environ 325 000 euros bruts mensuels, soit approximativement 190 000 à 200 000 euros nets après prélèvements sociaux et fiscaux. Ce montant a été progressivement réévalué depuis sa prise de fonctions en juillet 2012, où il débutait avec un salaire annuel aux alentours de 1,8 million d’euros.

Son contrat, prolongé plusieurs fois, court jusqu’à la fin de la Coupe du monde 2026. La FFF a consenti un effort financier considérable pour le maintenir en poste après l’élimination des Bleus en quart de finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Certains membres du comité exécutif fédéral avaient alors plaidé pour un non-renouvellement, mais la direction a tranché en sa faveur.

Pour être précis, il faut distinguer le salaire fixe des composantes variables. Le traitement de base mensuel fixe représente la majorité de la rémunération, complété par des primes liées aux résultats sportifs. Ces deux éléments combinés donnent le chiffre total évoqué par la presse spécialisée.

Les primes et avantages qui gonflent la rémunération globale

Le salaire fixe ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le système de primes de la FFF prévoit des bonus significatifs en cas de qualification pour une phase finale, de victoire en match officiel ou de performance lors d’une grande compétition. Lors de la victoire en Coupe du monde 2018 en Russie, la prime versée à Deschamps aurait dépassé 500 000 euros selon plusieurs estimations journalistiques, même si la FFF n’a jamais communiqué officiellement sur ce point.

Les avantages en nature complètent le tableau. Véhicule de fonction, frais de déplacement, logement pris en charge lors des rassemblements : la FFF assume l’ensemble des frais professionnels du sélectionneur. Ce n’est pas anodin quand on sait que l’équipe de France se réunit au Centre National du Football à Clairefontaine, et que les déplacements internationaux sont nombreux sur une saison.

Il faut aussi mentionner ses revenus annexes, bien qu’ils soient distincts de son contrat avec la fédération. Deschamps perçoit des droits à l’image et intervient ponctuellement dans des opérations de communication. Ces revenus restent difficiles à quantifier précisément, mais ils ne sont pas négligeables pour un technicien de son statut.

Comparaison avec les autres grands sélectionneurs mondiaux

Replacer le salaire de Deschamps dans le contexte international aide à mieux en saisir l’ampleur. Gareth Southgate, son homologue anglais jusqu’en 2024, touchait environ 5 millions de livres sterling annuels, soit près de 6 millions d’euros. Roberto Martínez, sélectionneur du Portugal, se situe autour de 4 à 4,5 millions d’euros annuels. Deschamps se positionne donc dans la même tranche haute, sans être le mieux rémunéré de la catégorie.

Le sélectionneur le mieux payé au monde reste Luis Enrique, actuellement entraîneur du Paris Saint-Germain, qui touchait environ 6 millions d’euros annuels lorsqu’il dirigeait l’Espagne. La hiérarchie des salaires dans le football international suit globalement la puissance économique des fédérations : les pays à forte tradition footballistique et aux revenus télévisuels notables peuvent se permettre d’attirer les meilleurs techniciens.

La FFF génère des revenus conséquents grâce aux droits TV, aux contrats de sponsoring et aux performances commerciales de l’équipe de France. Le budget fédéral annuel dépasse 260 millions d’euros, ce qui relativise largement la rémunération de son sélectionneur. Franchement, pour une fédération à ce niveau de chiffre d’affaires, payer 3,9 millions par an son coach principal n’a rien d’extravagant.

Comment évolue le salaire d’un sélectionneur national

Les rémunérations des sélectionneurs ne progressent pas de manière linéaire comme dans un emploi classique. Chaque renouvellement de contrat constitue une renégociation complète, influencée par les résultats récents, le rapport de force entre les parties et le marché des entraîneurs disponibles. En 2022, après l’élimination face au Maroc en Coupe du monde, Deschamps était en position de relative faiblesse. Malgré cela, il a conservé des conditions très favorables.

La durée d’exercice joue aussi en sa faveur. Plus de 13 ans à la tête des Bleus, un titre de champion du monde en 2018, un titre de champion d’Europe à portée entre 2016 (finale perdue) et les compétitions suivantes : ce bilan construit une légitimité qui se traduit directement en euros. Les fédérations hésitent à se séparer d’un entraîneur installé, car le coût d’une transition est élevé, tant financièrement qu’en termes de stabilité sportive.

Un sélectionneur perçoit également des indemnités si son contrat est rompu avant terme. Ces clauses de rupture atteignent souvent une à deux années de salaire, ce qui représente une garantie financière non négligeable. La FFF a tout intérêt à maintenir la continuité plutôt que de s’exposer à des indemnités potentielles.

Deschamps entraîneur de club vs sélectionneur : quelle différence de revenus ?

Beaucoup ignorent que les entraîneurs de grands clubs européens surpassent largement les sélectionneurs en termes de rémunération. Carlo Ancelotti, entraîneur du Real Madrid, est crédité d’environ 15 millions d’euros annuels. Pep Guardiola, avant de quitter Manchester City, approchait les 25 millions. Ces montants font paraître le salaire de Deschamps presque modeste.

Avant de prendre la tête des Bleus, Deschamps entraînait l’Olympique de Marseille, puis Monaco. Sa rémunération comme coach de club était bien inférieure à son traitement actuel avec la FFF. Le poste de sélectionneur d’une grande nation offre une compensation financière nettement supérieure à ce qu’il aurait touché dans la moyenne des clubs de Ligue 1, avec en plus une exposition médiatique sans équivalent.

La sélection nationale présente d’autres avantages concrets. Pas de mercato à gérer quotidiennement, pas de pression d’un actionnaire privé, des rassemblements concentrés sur des périodes précises. Ce rythme de travail différent justifie en partie une structure salariale distincte de celle des clubs professionnels.

Ce que révèle ce niveau de rémunération sur le football français

3,9 millions d’euros annuels pour diriger l’équipe de France : ce chiffre dit quelque chose sur les priorités du football tricolore. La FFF considère manifestement que la stabilité à la tête des Bleus vaut ce prix. Depuis Laurent Blanc (2010-2012), chaque sélectionneur a vu sa rémunération progresser, signe que la fédération a appris à valoriser ce poste.

Pour moi, la question n’est pas de savoir si Deschamps est trop payé. Le vrai débat porte sur la transparence de ces rémunérations, financées indirectement par l’argent public via les aides du Centre national pour le développement du sport (CNDS) et les retombées des droits TV. La FFF reste une structure privée, mais son lien avec l’argent public mérite une meilleure lisibilité.

Engager une réflexion sur la gouvernance des fédérations sportives et la publication obligatoire des rémunérations de leurs dirigeants techniques serait une avancée réelle. D’autres pays européens, notamment les Pays-Bas avec la KNVB, ont déjà franchi ce pas vers plus de clarté. La France pourrait s’en inspirer pour que les supporters, qui constituent l’ADN du football national, sachent précisément comment leur fédération utilise ses ressources.

Julien