Combien gagne Manon Aubry par mois : salaire exact

Femme en costume bleu parlant au pupitre d'assemblée démocratique

Manon Aubry perçoit chaque mois une rémunération que peu de citoyens connaissent dans le détail. Pourtant, ces chiffres sont publics, accessibles sur les sites officiels du Parlement européen. Décryptons ensemble ce que touche réellement la tête de liste de La France Insoumise (LFI) au Parlement européen, sans approximation.

Le salaire de base d’un député européen en 2026

Tout commence par le statut des membres du Parlement européen (MPE), harmonisé depuis 2009. Avant cette date, chaque État membre fixait lui-même la rémunération de ses eurodéputés, ce qui créait des écarts considérables. Aujourd’hui, le système est unifié.

L’indemnité parlementaire de base s’élève à 38,5 % du traitement de base d’un juge à la Cour de justice de l’Union européenne. Concrètement, en 2026, cela représente environ 10 560 euros bruts par mois. Après prélèvement de l’impôt communautaire et de la cotisation d’assurance maladie européenne, le net perçu tourne autour de 7 000 à 7 500 euros mensuels.

Manon Aubry, élue eurodéputée pour la première fois en 2019 puis réélue en juin 2024, perçoit donc ce même traitement de base, identique pour tous les parlementaires européens quel que soit leur pays d’origine. Aucun passe-droit, aucun écart : le statut des MPE garantit une égalité de traitement formelle.

Les indemnités complémentaires qui s’ajoutent au salaire net

Le salaire de base ne représente qu’une partie de la rémunération globale. Plusieurs indemnités viennent compléter ce montant, et c’est là que les chiffres deviennent plus significatifs.

L’indemnité générale de dépenses (IGD) couvre les frais liés à l’exercice du mandat : location d’un bureau, équipement informatique, frais de représentation locaux. Elle est forfaitaire et s’établit à 4 778 euros par mois en 2026. Cette somme n’est pas soumise à justificatif systématique, ce qui a longtemps alimenté les critiques, y compris de la part de Manon Aubry elle-même, qui a publiquement plaidé pour plus de transparence sur l’utilisation de cette enveloppe.

À cela s’ajoute l’indemnité de frais de voyage, calculée sur la base des déplacements réels entre la circonscription et Strasbourg ou Bruxelles. Le remboursement s’effectue sur présentation de justificatifs, plafonné selon un barème kilométrique fixé par le Parlement. Pour une eurodéputée basée à Paris, les allers-retours vers Strasbourg (environ 490 km) génèrent des remboursements réguliers mais encadrés.

Les eurodéputés bénéficient également d’une indemnité de séjour de 350 euros par jour de présence effective aux sessions plénières ou en commission, à condition de signer le registre de présence. Cette disposition vise à encourager l’assiduité. Sur un mois de travail parlementaire classique, cela peut représenter entre 3 000 et 5 000 euros supplémentaires selon les semaines de session.

L’enveloppe pour l’emploi des assistants parlementaires

Chaque député européen dispose d’une enveloppe mensuelle dédiée à la rémunération de ses collaborateurs. En 2026, cette allocation atteint 28 696 euros par mois. Elle ne rentre pas dans la poche du parlementaire : elle doit obligatoirement être versée à des assistants accrédités à Bruxelles ou à des assistants locaux, après validation du Parlement.

Cette enveloppe permet de financer une équipe complète : un ou plusieurs assistants accrédités au Parlement, des chargés de mission locaux dans la circonscription, parfois des stagiaires rémunérés. Pour Manon Aubry, dont le travail se concentre notamment sur les questions fiscales, la justice sociale et les droits humains, cette équipe représente un levier d’action indispensable.

Il faut être clair là-dessus : cette enveloppe de 28 696 euros n’augmente pas le revenu personnel de l’eurodéputée. Toute utilisation détournée constituerait une infraction passible de poursuites. Le Parlement européen effectue des contrôles réguliers sur l’affectation de ces fonds.

Ce que gagne Manon Aubry par mois : le chiffre global

Revenons au concret. Si l’on additionne les différentes composantes de rémunération personnelle, voici ce que perçoit Manon Aubry chaque mois à titre personnel :

Salaire net après impôt européen : environ 7 200 euros. Indemnité générale de dépenses : 4 778 euros (non imposable). Indemnités de séjour : entre 3 000 et 5 000 euros selon l’activité parlementaire. Total mensuel estimé : entre 15 000 et 17 000 euros, dont une partie significative est théoriquement fléchée vers des dépenses liées au mandat.

Franchement, si l’on ne retient que le revenu strictement personnel et non affecté à des frais de mandat, le chiffre tourne plutôt autour de 10 000 à 12 000 euros nets par mois. C’est substantiel, nettement au-dessus du salaire moyen français, mais cohérent avec les responsabilités d’un mandat européen à temps plein. Pour contextualiser, le salaire moyen en administration économique et sociale en France reste bien en deçà de ces niveaux.

La position de LFI sur les revenus de ses élus

LFI applique à ses élus une règle interne que peu de partis ont le courage d’imposer : le principe de l’écrêtement des indemnités. Concrètement, un eurodéputé LFI reverse à son parti la part de son revenu qui dépasse un plafond défini en interne, généralement fixé autour de 5 fois le SMIC, soit environ 9 000 euros bruts mensuels en 2026.

Manon Aubry a confirmé publiquement appliquer cette règle. Une partie de ses indemnités serait donc reversée à la caisse de solidarité du parti, utilisée pour financer des actions militantes, des permanences ou des ressources humaines. Cette pratique, bien que critiquée par certains comme une forme de cotisation politique forcée, reste légale et cohérente avec la ligne idéologique du mouvement.

Ce reversement modifie concrètement le revenu réel disponible de l’eurodéputée. Si l’on tient compte de l’écrêtement, son revenu net disponible après cotisation au parti se rapprocherait davantage de 7 000 à 9 000 euros par mois, selon les périodes et la composition exacte des indemnités reçues.

Retraite, assurance maladie et autres avantages liés au statut

Au-delà du salaire mensuel, le statut d’eurodéputé ouvre des droits sociaux spécifiques. Les parlementaires européens cotisent à un régime de pension propre au Parlement : après 2 ans de mandat, ils acquièrent des droits à la retraite équivalents à 3,5 % de l’indemnité parlementaire par année de mandat. Après 10 ans d’exercice, cela représente une pension annuelle d’environ 3 700 euros, versée à partir de 63 ans.

La couverture médicale est assurée par le régime d’assurance maladie commun aux institutions européennes (RCAM), qui prend en charge 85 % des frais médicaux courants et jusqu’à 100 % pour les maladies graves. Ce régime est financé à parts égales par le parlementaire et le Parlement.

Les eurodéputés bénéficient également d’une indemnité de transition en fin de mandat, calculée sur la durée du mandat et versée jusqu’à ce que l’ancien élu retrouve un emploi ou parte à la retraite. Pour un mandat de 5 ans, cette indemnité représente l’équivalent d’un an de salaire brut.

Comprendre ces revenus dans leur contexte politique

Il serait réducteur de ne voir dans ces chiffres qu’une basique fiche de paie. Le mandat d’eurodéputé impose des contraintes réelles : semaines fractionnées entre Paris, Bruxelles et Strasbourg, agendas surchargés, responsabilités politiques lourdes. Manon Aubry co-préside le groupe de la Gauche au Parlement européen depuis 2024, ce qui implique des fonctions de représentation permanentes.

Pour autant, il est légitime que les citoyens sachent précisément ce que coûte un mandat européen et ce que perçoit leur représentant. La transparence sur les rémunérations des élus n’est pas une attaque personnelle : c’est une exigence démocratique. Le Parlement européen publie d’ailleurs ces données sur son site officiel, rubrique « Statut des membres ».

Si vous souhaitez aller plus loin, le règlement (CE) n° 160/2009 du Conseil, modifié à plusieurs reprises, fixe le cadre juridique complet des rémunérations et indemnités des membres du Parlement européen. Tous les chiffres cités tout au long de cet article en sont issus ou en découlent directement. Une source fiable vaut mieux que dix estimations approximatives.

Julien